Tiré par la consommation, le bond de 5% en rythme annualisé confirme une amélioration des fondamentaux de la première économie du monde.

Barack Obama avait raison, vendredi, au cours de sa conférence de presse de fin d’année, d’insister sur la –très- bonne tenue de l’économie américaine. D’après la troisième et dernière estimation du département du Commerce, publiée hier, la croissance du troisième trimestre a atteint à 5 % en rythme annualisé. Bien plus que les 3 ,9 % calculés lors de la deuxième estimation. Et la progression la plus forte depuis le troisième trimestre 2003. La réévaluation à la hausse est principalement due à la consommation des ménages. Elle a progressé, de juillet à septembre, de 3,2 % en rythme annualisé, et non pas de 2,2 % comme le spécifiait la deuxième estimation. Les Américains ont particulièrement dépensé pour leur santé, les activités de loisirs et les services financiers. La baisse du prix de l’essence a libéré des marges de manœuvre. L’amélioration continue du marché du travail, avec un chômage tombé à 5,8 % en novembre, redonne confiance en l’avenir. Le taux d’épargne est tombé en novembre à 4,4 %, un plus bas de onze mois. Au troisième trimestre, les investissements des entreprises en bâtiments, en informatique et en propriété intellectuelle, ont aussi été plus élevés qu’on ne le pensait jusque-là.

Un rythme de croissance durable ?

Reste à savoir si l’économie américaine peut continuer sur cette pente, après une croissance déjà vigoureuse de 4,6 % au deuxième trimestre. Le point positif, pour les mois qui viennent, c’est la consommation des ménages. « Il me semble qu’elle est maintenant installée dans une très bonne dynamique, estime ainsi Michael Feroli, chef économiste chez JPMorgan Chase. Les prix de l’énergie sont à la baisse, le marché du travail est dans une bonne phase, on aborde 2015 dans de bonnes conditions ». De fait, le prix de l’essence est au plus bas depuis mai 2009. Une baisse qui libère des sommes importantes dans les foyers où l’on roule beaucoup. L’économie a créé 321.000 emplois nets en novembre, portant la moyenne mensuelle de 2014 à 240.910 emplois (sur onze mois). Selon l’université du Michigan, dont l’indicateur est très suivi, le moral des ménages s’est élevé en décembre à 93.6 points, le plus haut niveau depuis janvier 2007. Les Américains attendent des hausses de salaires de l’ordre de 1,7 % en rythme annualisé. Les analystes de Barclays soulignent que « l’amélioration des attentes de hausses des salaires devraient encourager les dépenses de consommation au quatrième trimestre ». Un seul indicateur paru hier n’est pas dans le vert. Il s’agit du baromètre des projets d’investissement des entreprises, qui a stagné en novembre. Cela laisse penser que la croissance du quatrième trimestre ne pourra pas approcher celle du troisième. Cela n’a pas empêché Wall Street de saluer les chiffres révisés de la croissance -etl’indice CAC 40 prenait 56,46 points, à 4.310,89 points à Paris. Le dollar est lui aussi parti à la hausse. Toute accélération de la conjoncture est susceptible de hâter le mouvement de hausses des taux par la Federal Reserve, jusqu’ici prévu autour de la mi-2015. L’inflation reste inférieure à l’objectif de la Fed.