Carte blanche

Les prévisions de croissance sont très incertaines, y compris pour les pays émergents. Un investissement dans l’économie américaine s’avère être une valeur sûre en raison du taux de change euro / dollar favorable. Un secteur s’annonce particulièrement rentable : l’immobilier.

Récemment, le CEO de J P Morgan a prédit qu’une terrible crise financière se préparait. Depuis lors, de plus en plus d’experts tirent la sonnette d’alarme pour plusieurs raisons. Examinons les principaux problèmes évoqués, les dangers et surtout, comment se mettre à l’abri ?

Une erreur d’appréciation

Les signes d’inquiétude ne manquent en effet pas, particulièrement en Europe. Le vieux continent est encerclé par la guerre et doit faire face à un risque terroriste accru. La pauvreté et les inégalités augmentent, ainsi que le chômage des jeunes. Vieillissement démographique, endettement public et privé, lourd handicap entrepreneurial et technologique ainsi qu’instabilités politiques viennent allonger cette liste non exhaustive.

Face à cette multitude de problèmes, la Banque Centrale Européenne a malheureusement commis une grave erreur car elle n’a pas compris la tendance déflationniste en Europe. L’Union européenne a imposé à des économies faibles des mesures de rigueur et d’austérité aveugles et l’on doit à présent aider ces pays parce qu’ils sont en déflation.

La déflation (ou inflation négative) est due à une baisse généralisée des prix qui a pour conséquence que les consommateurs remettent sans cesse leurs achats à plus tard. A priori quand les prix baissent, c’est une bonne nouvelle car cela donne plus de pouvoir d’achat. Mais si tous les agents économiques remettent sans cesse leurs achats à plus tard pour bénéficier de meilleurs prix, l’économie entière entre en récession, les salaires baissent et le chômage augmente, c’est un cercle vicieux. Cette situation est pire encore dans une situation de surendettement, comme c’est le cas aujourd’hui, car la déflation augmente le coût actuel réel de la dette qui devient plus élevé que le taux nominal fixé lors de l’emprunt. Par rapport au niveau des prix de l’époque, la dette actuelle est en effet alors plus élevée.

En plus de cette erreur historique d’appréciation, la BCE agit actuellement de façon trop massive et beaucoup trop tardive. Depuis mars dernier, la BCE procède en effet à un programme de rachats massifs de dette publique << Quantitative Easing » ou « assouplissement quantitatif » à raison de 60 milliards d’euros par mois. En d’autres termes, elle fait tourner la machine à billets pour réinjecter des fonds dans l’économie. La BCE prend malheureusement cette mesure six ans après les Américains (et cinq ans après les Anglais) et feint d’ignorer que ce n’est pas le Quantitative Easing de la Federal Réserve qui explique à lui seul la bonne tenue de l’économie américaine et que ce n’est pas le Quantitative Easing de la BCE qui changera radicalement la donne conjoncturelle citée plus haut. Les banques centrales, pilotes de l’économie

Les banques commerciales sont désormais soumises à des règles très strictes quant aux liquidités et au capital. Leur marge d’action est très réduite et ce sont à présent les banques centrales qui doivent agir pour résoudre des crises qui étaient autrefois du ressort des institutions privées. Les banques centrales sont donc désormais les pilotes de l’économie, ce qui était impensable il y.a quelques années. Comme les taux d’intérêt sont au plus bas ainsi que les prix pétroliers, toutes les conditions sont réunies en théorie pour une bonne évolution de l’économie européenne mais en pratique la crise reste bien présente. Le premier danger majeur est que la marge de manœuvre des banques centrales serait actuellement quasi nulle en cas d’une accélération soudaine de la crise. Toutes les vannes sont grandes ouvertes, aucun moyen supplémentaire n’est disponible en cas de nouveau foyer.

Une période surréaliste

Nous vivons donc une période historique de taux négatifs. La KBC par exemple est la première banque belge à confirmé qu’elle applique des taux d’intérêt négatifs sur les dépôts à court terme de très grandes entreprises. Cela signifie que celles-ci doivent payer pour déposer leur argent en banque. Détail insolite pour une situation qui ne l’est pas moins, certaines banques doivent modifier leurs logiciels car leurs programmes n’ont pas été conçus pour calculer des taux d’intérêt négatifs. Des taux négatifs encouragent évidemment à investir dans l’économie, et cela pourrait s’accentuer encore vu la tendance visant à interdire les opérations en cash : si on est obligé de mettre tout son cash en banque et qu’il faut payer des intérêts pour cela, il vaut mieux en effet investir. C’est donc une période surréaliste : Il faut payer pour placer son argent et l’on gagne de l’argent en empruntant !

Il faut néanmoins rester réaliste. Cette situation ne peut perdurer et le danger est qu’en raison de la situation économique les banques centrales ne peuvent actuellement remonter les taux, elles ne peuvent pas faire marche arrière. Mais un jour il faudra bien arrêter la machine à billets et s’il s’en suivait une brusque remontée des taux, les banques commerciales ne pourraient respecter leurs obligations, ce qui causerait une crise financière d’ampleur. C’est là assurément un second danger majeur.

Tina versus Tia

Ne faites pas confiance à Tina mais bien à Tia ! Faisant fi dé ce contexte très inquiétant, nombre d’investisseurs se dirigent vers des placements boursiers pensant qu’il n’y a pas d’alternative (There Is No Alternative) pour obtenir un bon rendement puisqu »il n’y a rien à espérer des formules classiques d’épargne. Pire, certains ne sont pas conscients des risques pris par leur banquier pour leur promettre des performances attirantes dans un contexte de taux d’intérêt nuls (ou négatifs). Dites-vous bien que si votre portefeuille affiche actuellement de bons rendements, c’est qu’il est très Vraisemblablement investi pour grande partie en bourse.

Vu le nombre croissant d’investissements en actions, les indices boursiers battent records sur records mais le danger est évidemment qu’il existe un décalage beaucoup trop important entre l’économie réelle et les performances des actions. « Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel » et la chute risque d’être catastrophique. Les économistes sont en général très généreux en commentaires et analyses théoriques mais sont beaucoup moins prolifiques lorsqu’il s’agit de donner des conseils concrets. Il y a cependant des alternatives (There Is Alternative) aux placements boursiers.

A lire ce qui précède, vous aurez compris qu’il vaut mieux éviter 1’Europe ou dumoins diversifier ses investissements en visant une autre zone économique.

La locomotive étasunienne

Selon le FMI, les perspectives se sont également assombries pour les pays émergents et particulièrement pour la Chine dont la croissance économique devrait voir sa plus faible progression depuis 15 ans. Les exportations de la Chine ont d’ailleurs subi une nouvelle chute surprise en avril, tandis que ses importations plongeaient pour le sixième mois consécutif. Le Fonds Monétaire International se montre également pessimiste pour le Brésil et évidemment aussi pour la Russie en difficultés à la fois par la chute des cours du pétrole et par les sanctions économiques liées à l’Ukraine. C’est donc logiquement vers les États-Unis qu’il faut se diriger. En effet, selon les prévisions du FMI, les Etats-Unis devraient confirmer leur statut actuel de locomotive de l’économie mondiale. Contre vents, neige, gel et marées, le taux de chômage vient de baisser à 5,4 %, soit le taux le plus bas depuis sept ans. En février 2015, le taux de chômage moyen des 19 pays de la zone euro était de 11,3 %, soit plus du double…

En investissant aux USA, on change non seulement de zone économique mais également de devise, ce qui est une diversification très intéressante. Voici les prévisions de différents analystes pour la valeur que l’euro aura juste avant l’arrêt de la politique d’assouplissement (QE) en septembre 2016 (et notez qu’il n’est pas exclu que la QE européenne soit reconduite) : HSBC : 1 euro = 1,10 dollar, UBS : 1 euro = 1,10 dollar, Barclays : 1 euro == 1,05 dollar, BNP Paribas : 1 euro = 1,02 dollar, Crédit Suisse : 1 euro = 1 dollar, Morgan Stanley: 1 euro = 1 dollar, Citigroup : 1 euro: 0,95 dollar, Deutsche Bank : 1 euro: 0,90 dollar, Goldman Sachs : 1 euro: 0,85 dollar. La banque d’investissement Goldman Sachs est même d’avis que l’euro vaudra 0,80 dollar fin 2017.

Investir dans l’immobilier

Puisque les principaux analystes prévoient que l’euro va continuer à baisser face au billet Vert, c’est donc plus que jamais le moment d’investir en zone USD. Mais quel type d’investissement choisir ? Comme il faut éviter le secteur boursier ou du moins diversifier en investissant dans d’autres secteurs, c’est logiquement l’immobilier qui apporte le plus de certitudes à l’investisseur en quête de diversification et de sécurité. L’immobilier est un actif tangible, de briques et de béton. Ceux qui n’ont pas été obligés de vendre après la crise des subprimes n’ont rien perdu. Bien au contraire, leurs biens immobiliers valent souvent plus qu’avant la crise qui a assaini et sécurisé le secteur. Logiquement, les spécialistes prévoient que la tendance haussière de l’immobilier américain va continuer dans les prochaines années. N’est-il cependant pas déjà trop tard pour réaliser de bonnes affaires immobilières aux USA ? En tant qu’avocat d’affaires spécialisé en investissements internationaux, je constate en effet que mes clients qui ont investi dans l’imrnobilier aux États-Unis entre 2008 et 2012 ont souvent plus que doublé leurs avoirs (sans tenir compte du taux de change qui augmente encore ce plantureux bénéfice). Il faut à présent avoir une connaissance très approfondie des marchés locaux pour encore trouver de bonnes opportunités avant les nombreux autres candidats acheteurs. Ce sont en particulier les immeubles multifamiliaux de locations qui devraient à terme être les plus rentables. Il faut donc plus que jamais se faire faire assister d’une solide équipe de professionnels (avocats spécialisés, agents immobiliers, entrepreneurs, comptables, banquiers, assureurs). Une autre solution qui est plus simple consiste à investir par l’intermédiaire d’un fonds d’investissement ou d’une société immobilière d’investissements. Je suis aussi consulté par de telles sociétés spécialisées qui engagent parfois même aussi des lobbyistes pour dénicher les bonnes affaires. Dans ce cas, l’investisseur n’a rien à gérer, ce n’est en effet plus un investissement immobilier mais un investissement financier lié à de l’immobilier. Une excellente solution pour obtenir un revenu régulier avec un minimum de risques en cette période de tous les dangers.